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Interview de Piero Amerio
Posté par Thibault BASSET le 08/03/2013

1-Piero Amerio, bonjour et bienvenue en France. Avant toute chose, pouvez-vous nous dire comment est née l’idée d’une quadrette franco-italienne ? Expliquez-nous la pensée de base de cet intéressant projet sportif.

P.A: Bonjour à tout le monde, je vous remercie pour la bienvenue. L’idée est née par hasard et quasi par jeu. Pendant l’année 2011/2012, comme vous vous en souvenez peut-être, Silvio Rivera et moi défendions les couleurs de la Chiavarese qui, malheureusement, à la fin du championnat (mars 2012), a dû fermer l’activité n’arrivant pas à conclure l’année ; (je profite de l’occasion pour saluer et remercier encore une fois tous les amis du Chiavari pour la magnifique expérience, même si brève, nous avons partagé, j’ai trouvé un groupe dirigeant vraiment spécial.). A partir de là, Silvio et moi avons accepté la proposition de l’ami Carlo Bresciano de nous inscrire jusqu’en septembre 2012 en faveur de la société Kayl du Luxembourg afin de participer à la Coupe des Nations. Alors que, nous aurions participé aussi, avec le Nutella Team, aux trois compétitions nommées Tournoi GDP VENDOME, organisées par Jean François Gobertier avec l’aide de Sébastien Grail et Fabrice Laposta. Pendant la deuxième épreuve du Vendôme sont nés quelques plaisanteries sur le fait que Silvio et moi étions “au chômage ” et que, vu que nous avions déjà accepté de jouer à l’étranger pendant quelques mois, nous aurions pu aussi continuer, peut-être en France.  
Peu à peu, la chose devenait intrigante et nous avons commencé à considérer sérieusement l’opportunité d’une expérience sur le sol français. J’avoue que l’idée de jouer en France (où je me suis toujours trouvé bien pendant les 30 ans précédents dans lesquels au moins 2 ou trois fois j’ai participé à différentes compétitions) combinée avec celle de pouvoir jouer avec deux champions du monde en activité, doués d’un talent plus unique que rare, me plu beaucoup. Ajouté au fait que Patrick Goffi trouvait l’idée assez excitante car il était d’origine italienne, il souhaitait joindre les deux cultures, pour voir s’il pouvait naître quelque chose de bon pour les deux. Il a plusieurs fois souligné avec passion le fait que si chacun de nous s’était engagé pour aller vers l’autre, l’expérience qu’en serait née ne pouvait être que d’enrichissement réciproque, autant du point de vue humain que sportif. Voilà le véritable objectif à la base de ce projet, et à ce moment là je me suis dit “les cheveux blancs arrivent, donc, maintenant ou jamais ”.

2- A l’heure actuelle vous êtes seulement le quatrième joueur italien à traverser la frontière, pourquoi si peu de joueur décide de le faire?

P.A: Je crois que le sport boules n’a pas encore un “esprit assez ouvert ” à ce type d’expériences, ils existent des problèmes “pratiques ” pas faciles à résoudre et qui comportent parfois un “ blocage psychologique ” au moment d’accepter par exemple l’idée de franchir la frontière. Le premier obstacle pratique concerne le dilettantisme du sport qui, pour 95% des pratiquants (exclus les étudiants et les retraités), oblige à concilier le sport à haut niveau avec le travail et, ne l’oublions jamais, la FAMILLE. Le mien est un heureux hasard, j’ai une femme supporter et trois enfants qui me voient plus maintenant que je joue en France, à travers le streaming de “ Sport Boules Diffusion ”, par rapport au passé quand je jouais en Italie. Je travaille dans un bureau qui ferme seulement une semaine par an (celle de mi-août), par conséquent je dois “ consommer ” mon tour de vacances en accord avec les collègues, par contre ayant beaucoup de choix et heureusement qu’il y a surtout de l’harmonie et de la disponibilité entre nous. Un autre problème pratique est celui des km à parcourir souvent en soirée (vendredi et dimanche) et pour ça il est conseillé d’avoir au moins un copain de voyage. Toutefois, même dans ce cas, Silvio et moi nous parcourons généralement beaucoup moins de km par rapport à certains joueurs italiens et français qui ne traversent pas leurs propres frontières ; nos déplacements, exception faite pour 2 ou 3 occasions,  nous ne dépassons pas les 300 km pour rejoindre le lieu de la compétition. Enfin, il y a le problème de la “ langue ” et celui de s’adapter à un possible système de jeu différent et à une organisation différente aussi en ce qui concerne l’activité annuelle ; mais ça c’est exclusivement psychologique.

3- Piero Amerio, vous êtes un grand joueur, comme le confirme votre récente victoire au trophée Béraudier (2012) avec Mario Suini. En arrivant dans un nouveau pays avec une nouvelle équipe, quels sont les objectifs sportifs qui ont été fixés pour cette année ?

P.A: Je ne me suis fixé aucun véritable objectif sportif si ce n’est pas celui de donner le meilleur de moi, techniquement et dans chaque situation ; ça me semble déjà un exploit plutôt ardu. Pour le reste, je peux me relier à une partie de la première question, l’objectif est celui de trouver un accord avec les copains transalpins ainsi que maintenir celui avec Silvio Riviera. Si nous réussissons, je pense que nous atteindrons quelques satisfactions “ sportives ”, mais je ne veux absolument pas me “ fixer ” sur une ou plusieurs compétions en particulier. Moi, quand je sors de chez moi pour faire face à n’importe quelle compétition, je le fais en pensant à la gagne ; et aussi quand il arrive que je perde, parfois je suis “ fâché ou beaucoup plus ”, je suis toujours prêt à recommencer le jour après ; donc, pour moi, n’importe quelle compétition m’apporte une satisfaction unique.

4-Que pensez-vous de votre nouvelle équipe?
P.A : Je pense que du point de vue typiquement technique elle n’est pas moins forte que n’importe qu’elle autre et qu’elle peut tranquillement faire face à n’importe quel adversaire au moins sur un même pied d’égalité. Ce qu’on a juste dit, toutefois est subordonné au fait de maintenir une bonne préparation soit physique que technique, à travers un entraînement approprié et constant, lequel devrait combler les “ trous ” qu’il y a dans notre activité réduite, dus au fait de participer seulement au championnat “ traditionnel ” et non pas aux clubs sportifs. Ensuite, nous devons travailler pour atteindre l’objectif “ accord ” et devenir ainsi une “ véritable équipe ”. Le parcours est encore long, mais il y a de très bonnes bases comme en témoignent les résultats des cinq premières compétitions (y compris GAP 2012): une première place, une deuxième et trois demi-finales qui nous placent deuxième au classement général, avec seulement 6 points de retard sur l’équipe Jarrige  de la CRO Lyon. (ndlr, depuis cette interview, l'équipe Goffi dont fait partie Piero Amerio est en tête su classement)

5- Vous jouez avec Sebastien Grail et Fabrice Laposta connus pour leur tactique très offensive. Le rôle de Piero Amerio est d’apporter une touche italienne avec plus de point ou plutôt d’intensifier encore plus le jeu sur le tir ?

P.A : D’après cette question, j’ai la confirmation que l’idée française de “ touche italienne ” est celle du point. Il n’est que partiellement vrai, car cette différence est due, dans la plupart des cas, au type du sol sur lequel les italiens sont habitués à jouer par rapport au français, et non pas à une véritable conviction tactique. Cela dit, je pense qu’il n’existe pas une tactique plus correcte qu’une autre pour chaque situation, mais il y a celle qui réussit et celle qui ne réussit pas. De plus, je pense que pointer n’est pas toujours synonyme de “ défense ” tandis que tirer l’est pour “ l’offensive ”. Le joueur qui “ ouvre ” la main du jeu est toujours le pointeur qui, dans ce cas-là, attaque le but et l’équipe adversaire juge si le point est trop beau et se défend en essayant de le balayer en tirant; ou au contraire, elle attaque à son tour en essayant de se rapprocher le plus possible du but. Un autre cas de “ tirer sur la défensive ” se vérifie quand, en retard de boules, on tire pour prendre peu de points. Je conclus en disant que la vraie difficulté dans le choix de la tactique, c’est de comprendre ce qu’il pourrait plus probablement se vérifier en tenant compte de tous les facteurs (état de forme, volonté, position des boules, type du sol, score partiel, temps…etc…etc.) ; tout ça pendant 45 secondes y comprise l’exécution. Naturellement, plus de joueurs il y a sur le champ, plus difficile est le choix car les variables augmentent ; le double et le simple sont plus schématiques que la quadrette. Etre en accord à quatre est bien sûr plus difficile que l’être avec soi-même ou avec un seul partenaire ; si nous ajoutons en plus un obstacle éventuel dans la communication dû à la langue, dans des situations déterminées, certains cas particuliers et certaines nuances sont difficiles à expliquer. Le vrai accord c’est quand il ne reste rien à expliquer et que l’on se comprend au premier coup d’œil.

6- Voilà donc plusieurs mois que vous jouez en France. A partir de premières observations, quelles différences significatives pensez-vous qu’ils y aient entre nos deux pays (techniquement, ambiance pendant la partie et en dehors, public,…) ?

P.A : Je ne parlerais absolument pas de différences de capacité technique simplement parce qu’il en a pas, plutôt, il existe peut être une différence d’approche et de geste technique, en particulier au point à cause de la typologie du sol. L’atmosphère, entre les joueurs et partenaires, sur et en-dehors des jeux est plus détendue ; même s’il y a de l’esprit de compétition il n’y a pas de “ l’exaspération ” durant la partie, chacun joue son match sans chercher des prétextes ou des points d’appui pour gêner l’adversaire. Pour l’instant, je n’ai pas encore assisté à des disputes ou altercations entre parties adverses et, en général on est plus prédisposés à accepter pacifiquement l’éventuel coup de chance adverse comme faisant partie du jeu. Une autre chose qui m’a frappé, est la quasi absence de contre mesure d’un point, exception faite pour certains cas. Le public, comme en Italie, est très attentif et toujours prêt à applaudir pour un beau “ coup ” ainsi qu’à faire du vacarme pour un “ coup manqué ”. Peut-être qu’il est moins féroce en ce qui concerne la critique à “ long terme ” ; au contraire je crois qu’ils n’y a pas dans l’ADN français ni la fureur ni l’exaltation envers qui que ce soit, parfaitement en ligne avec la non-exaspération de l’esprit du jeu.

7- Vous avez connu la “période d’or” de notre sport, lequel semble être en déclin aujourd’hui ; surtout par rapport au fait que le nombre de licenciés ne cesse de diminuer. A votre avis, que faudrait-il changer pour inverser la tendance.

P.A: Il est impossible de répondre à cette question de façon complète et surtout non équivoque en peu de lignes ; il faudrait ouvrir un espace dédié à ça, je chercherais quand même de faire une petite synthèse par points :

a) Je suis d’accord en disant que le sport boules est en déclin parce qu’il n’a pas suffisamment renouvellement générationnel, mais je suis sûr que les hauts dirigeants ne l’admettraient pas pour la simple raison que le nombre des pays dans lesquels on pratique les boules a augmenté et que on est arrivés au “ jeux de la Méditerranée ”, comme aux “ jeux mondiaux ” et parfois on a quelques espaces télévisés pendant des horaires assez “ discutables ” . Je perçois trois questions : 1) pourquoi, si nous avons fait ces indiscutables conquêtes, le nombre de pratiquants dans les deux pays “ moteurs ” baisse progressivement ? 2) Pourquoi le nombre des pratiquants dans les nouveaux   pays n’augmente pas de façon significative, comme il n’y a pas des progrès significatifs aussi au niveau qualitatif (sauf quelques exceptions) ? 3) Même la Chine, laquelle est arrivée d’un coup (surtout au niveau féminin) et avec des ressources que les autres pays non pas (je pense en particulier au réservoir humain) n’a pas fait les progrès auxquels on s’attendait (surtout dans le champ masculin)?

b) Peut être que la réponse est autant facile que banale, c’est-à-dire : aujourd’hui, par rapport au passé, il y a plus de concurrence entre les passe temps et la pratique de sport. Dans le passé, tout le monde ou quasi, jouait aux boules car les alternatives réellement accessibles étaient faibles, maintenant seulement les vrais passionnés pratiquent. Je me refuse d’autre part, d’accepter cette facile explication comme la seule véritable responsable du manque d’échange. Je crois que la seule façon pour attirer de nouveaux licenciés est celle de leurs donner une perspective de “ véritable gloire ” au cas où ils arriveraient au plus haut niveau. Naturellement, en essayant de centrer cet l’objectif, on ne doit pas “ laisser au bord de la route ” les grands passionnés, qui sont le “ socle dur ” sur lequel on fonde les véritables fédérations. Les grands passionnés ne doivent pas être bridés avec des règles trop complexes et dispendieuses.

c) Les épreuves sportives inventées pour rendre plus accessible le sport à la masse, afin de “ céder ” au niveau médiatique (important pour attirer des nouveaux gens), n’ont pas fonctionné comme l’on pensait (au moins, j’espère que les hauts dirigeants s’aperçoivent de ça et l’acceptent comme un fait… Autrement, tous les discours sont inutiles), pourquoi ? Peut- être parce qu’à long terme, elles se révèlent ennuyeuses comme les “ temps morts ” du traditionnel ? Même sur ce point il faudrait en parler parce que je me rends compte qu’au premier abord personne, ou presque, ne définiraient d’“ ennuyeuses” les épreuves sportives. J’invite tout le monde, d’autre part à réfléchir sur le fait que “ trop de mécanique ” sans imprévu crée par le “ contact ” avec l’adversaire n’offre pas tellement d’émotions. Moi, je ne rêverais jamais d’aller voir, chaque week-end, en parcourant 50-100 km, Usain Bolt qui court le 100 et/ou 200 mètres parce qu’après l’avoir vu deux fois, et avoir bénéficié d’un merveilleux spectacle, ça serait toujours le même “ refrain ”, centièmes en plus ou en moins. Je préfère un beau match de basketball, volley, foot ou tennis dans lesquels on se bat pour la victoire, non seulement par la “ performance physique ”, mais aussi tactique, le coup de maître et le contrôle de soi. Ajouter à cela une bonne dose de suspense dans la plupart des cas, sur une durée d’au moins 2 heures et non pas 10 secondes ou 5 minutes. J’ai donné l’exemple de Bolt, mais j’aurais pu utiliser celui de Phelps ou quelques autres qui pratiquent un sport dans lequel on combat surtout contre soi même.

d) La question maintenant est : les boules ont-elles les caractéristiques de base pour réussir à percer dans ce milieu ? Je crois que oui, (aspect athlétique, technique, psychologique), mais elles ont aussi des multiples “ facettes ” qui les rendent, quand même, un sport anormal pour toute une série de facteurs que je ne peux pas spécifier pour une raison d’espace. Je pense qu’avec “ les mesures appropriées ” qui tiennent compte de tous les composants des boules sans préférences, on pourrait proposer un “ produit ” acceptable pour la masse et les médias. Bien sûr, au moins pour le moment, on ne peut pas penser à la directe télévisée, ma il faut présenter des “ montages ad hoc ” avec des commentaires de haute qualité aussi bien technique que divertissant.   

8- Vous avez joué avec et contre les plus grands joueurs du monde, lequel en particulier vous a impressionné le plus ?

P.A : Chacun des plus grands avec lesquels j’ai eu la chance de jouer m’a frappé pour quelque chose. Tous, ils avaient ou ils ont les qualités et les caractéristiques pour être des “ grands ” et par chacun d’eux j’ai essayé d’apprendre le plus possible, par exemple : Granaglia m’a enseigné l’importance des moments cruciaux qui sont ceux qui font la différence à un niveau égal et parfois qui aident à gagner certains joueurs ; par Sturla j’ai appris la valeur de la discipline ; Suini m’a transmis l’importance de l’intuition ; Bruzzone est le symbole de la ténacité, Maccocco celui du poigne, Baroetto m’a transmis la tranquillité et la sérénité ; j’ai établi aussi, un rapport spécial avec Bragaglia, quasi comme un “ grand-père ”. Parmi les Français, je me rappelle l’imperturbabilité et le flegme de Cheviet, la distinction de Perrier, la facilité du tir de Berthet (à propos du quel je me demande toujours, pourquoi il ne tire plus ?). Je m’arrête ici, même si j’ai certainement oublié quelqu’un sans oublier les jeunes qui sont naturellement encore en pleine activité.

9- Pour conclure, avec une carrière aussi longue et brillante que la votre, auriez vous une anecdote à nous faire partager ?

P.A : il y aurait beaucoup d’anecdotes, j’en choisi deux, pour moi très importantes. En 1976, j’avais 13 ans et je jouais aux boules seulement pour loisir sans être inscrit nulle part. Mon père était en train de me persuader à commencer une véritable activité que j’aimais. Un dimanche d’octobre, avait lieu la finale du championnat du monde quadrette au palais des sports de Turin entre l’Italie et la France. Mon père arriva, par surprise, avec des billets et me dit “ aujourd’hui, nous allons voir la finale ”. Les protagonistes de cette mémorable finale étaient : Granaglia-Sturla-Suini-Bragaglia d’un côté et Cheviet –Berthet-Bouvet-Ferrari de l’autre. Le palais était plein et nous étions serrés comme des sardines, je fus frappé par tant de gens (environs 6000 spectateurs ou plus) et c’était la première fois que je voyais à l’œuvre les numéros 1. La finale a duré 5 heures et moi, je me rappelle encore maintenant, beaucoup de coups de ce match. A la fin, en sortant, j’ai dit  à mon père : “ j’aimerais jouer une telle partie ” ; celui-ci m’a regardé comme l’on regarde un enfant qui raconte des bêtises et m’a répondu : “ c’est bien, alors commençons pour t’inscrire à la SisportFiat l’année prochaine ; et j’ai fait comme ça. A ce moment –là, je n’imaginais pas que j’aurais eu la chance de jouer avec les quatre champions du monde italiens et surtout que j’aurais eu la possibilité de jouer cette “ célèbre partie ”.
La deuxième anecdote concerne un des champions ci-dessus. Nous étions en 1985, au mois de juillet, et j’ai rêvé que le dimanche après je gagnais le championnat italien en double de catégorie A. Cela devait marcher forcément comme ça parce que j’étais le plus jeune de la catégorie (avec Carlo Pastre) et mon partenaire était le plus vieux ; quoi rêver de plus beau ? Le plus jeune et le plus vieux, C’était  évident !! Quel beau rêve !! Le dimanche après, tout cela se vérifia et mon partenaire n’était autre que Giancarlo Bragaglia.

Merci à Piero Amerio pour son aimable gentillesse, sa disponibilité et son implication dans notre sport.
Cette interview a été réalisée par Thibault Basset avec l’aide de Tania Bevacqua.